Première édition de l’écopêche à Perchède

 

Après l’écofête organisée chaque année en juillet à l’étang « lou pesqué », l’association PIMAO, avec les communes de Hontanx et de Perchède, la communauté de communes du Bas-Armagnac et le Conseil départemental organisait la première édition de l’écopêche le mercredi 10 avril avec une soixantaine de personnes présentes.

Dès 17h30, Mr Bernard Pierre Président de l’association PIMAO a signé une convention avec José-Louis Pereira, directeur du Comité Départemental du tourisme afin de labelliser les animations avec le marqueur« Terragers », concept de « slow et d’éco-tourisme ». Actuellement, 680 prestations sont reconnues comme « éco-responsables » dans le département du Gers.

Elisabeth Mitterrand, présidente de la Communauté de communes du Bas Armagnac et du PETR Armagnac a précisé qu’à travers le site NATURA 2000 des étangs de l’Armagnac, le PETER souhaitait développer le tourisme sur ce territoire.

Alain MARIN, maire de Perchède rappelle qu’il y a des structures locales qui travaillent sur des thématiques différentes mais complémentaires et qu’il est important dans des territoires ruraux d’avoir des initiatives et des réflexions locales pour faire remonter des idées.

Sophie HURTES, animatrice de la Cellule d’Assistance Technique aux Zones Humides de l’ADASEA du Gers sur le Bas-Armagnac a présenté l’historique récent des actions menées sur le territoire du Bas-Armagnac autour des étangs : dès 1988 les inventaires ZNIEFF (Zones Naturelles d’intérêt Ecologique Floristique et Faunistique), puis NATURA 2000 ont mis en évidence la richesse des étangs sur ce territoire. A partir de ces inventaires et la prise de conscience de l’intérêt de ces milieux, des actions ont été mises en place pour les préserver par l’Adasea notamment depuis 1995… Après une présentation des missions individuelles et collectives de la CATZH avec son réseau de 264 gestionnaires de milieux humides de l’Armagnac, la notion de bassin versant a aussi été mise en évidence avec le rôle des étangs dans le grand cycle de l’eau. Ils piègent les matières en suspension et la végétation participe à l’épuration des eaux, ils ralentissent le ruissellement et atténuent l’effet des crues en aval, et représentent des habitats favorables à la biodiversité avec la présence d’espèces spécifiques à ces milieux (tortue, libellules, amphibiens, loutre…) Elle a aussi insisté sur l’intérêt des étangs du Bas-Armagnac pour la préservation de la tortue Cistude d’Europe et sur les petits gestes à mettre en place : « tolérer un peu de désordre » en conservant des zones de refuge, des troncs et des branches dans l’eau, et en évitant d’entretenir les abords durant la période de ponte du 15 mai au 15 juillet… La problématique des espèces invasives a été abordée avec notamment la jussie qui a déjà colonisé plus de 28 étangs dans le Bas-armagnac sur 14 communes.

Face aux inquiétudes et aux menaces liées au déclin de l’élevage qui se traduit par : la disparition de prairies au profit d’une augmentation des surfaces en grandes cultures et en vigne, l’arrachage de haie, le comblement de mares…, l’ADASEA propose des mesures agro-environnementales(MAEC) sur le territoire financées par l’Europe et l’Etat. Depuis 2015, environ 150 agriculteurs se sont engagés pour 5 ans dans des mesures de gestion extensive de prairies sur 3000 hectares dont 500 hectares de conversion de cultures en prairies… Ces mesures permettent de limiter la tendance actuelle en préservant ou en mettant en place de zones tampons autour des étangs et des cours d’eau, action d’autant plus importante aujourd’hui pour ne pas dégrader la qualité de l’eau.

Jacques LAPART, historien de la société archéologique du Gers a présenté les résultats de ses recherches aux archives départementales du Gers sur l’histoire des étangs de l’Armagnac. Il a fait état de diverses récits mentionnant les locations d’étangs et de moulins, les droits de pêche, des exemples de chicanes…

Il a évoqué les difficultés à retrouver des traces écrites concernant le Moyen-Age. Les seuls documents existants sont ecclésiastiques, très rares et difficiles à lire car écrits en vieux français. A partir du 17ème siècle, la documentation est plus abondante et permet d’attester la présence de nombreux étangs dans l’Armagnac à cette période appartenant souvent à des familles bourgeoises et aux communautés (ancien nom des communes). Au 18ème siècle de nombreux étangs sont asséchés pour les cultiver en milhòc (maïs). Ces étangs apportaient un équilibre agro-pastoral et permettaient de diversifier les ressources, pouvant être utilisés pour : le poisson, les moulins, la récolte de joncs et d’osiers, l’irrigation de prairies afin d’augmenter le rendement de foin, le rouissage du chanvre et du lin…

Nicolas Bernadicou du conseil départemental du Gers a ensuite présenté la politique des Espaces Naturels Sensibles (ENS) issue de la loi Barnier en 1995 du code de l’urbanisme. En 2012, le premier schéma départemental a été mis en place avec pour objectifs : la préservation, la valorisation et l’accompagnement.

En 2012, l’étang du Moura, classé en ZNIEFF et en NATURA 2000 était en vente. L’Adasea, structure animatrice du site Natura 2000 des étangs de l’armagnac en a informé le conseil départemental qui s’est ensuite positionné pour son acquisition, compte tenu de la valeur environnementale et patrimoniale du site. Après la restauration de la digue latérale de l’étang, des travaux de restauration ont démarré sur le moulin en 2015 en partenariat avec le CAUE. L’inauguration du site pour l’ouverture au public est prévue en juin 2020.

Cyril LAMBROT de la Fédération Départementale de pêche du Gers qui regroupe 39 associations et 8500 adhérents a présenté la pisciculture en Bas-Armagnac landais et gersois. Sur ce territoire 58 étangs soit 180 hectares sont utilisés pour la pisciculture. En France, 75% du poisson produit est utilisé pour le repeuplement de rivières et plans d’eau et 25% pour la consommation tandis que dans le Bas-Armagnac 100% est utilisé pour le repeuplement. Il précise qu’il n’est pas utile de repeupler les cours d’eau si ces derniers ne sont pas en mesure d’accueillir davantage de poissons de par leur état de conservation. La priorité pour la structure est de restaurer la qualité des cours d’eau. Il souligne la surdensité en poissons dans les lacs de pêche de loisir pour satisfaire des pêcheurs plus impatients. La problématique des cormorans est aussi abordée par rapport aux prélèvements important qu’ils font dans les étangs piscicoles et qui mettent en péril cette activité comme en Sologne.

Après une courte pause dinatoire, la soirée s’est achevée avec le visionnage du documentaire de « Comme un poisson dans l’eau » d’Anthony Martin sur les Barthes de l’Adour suivi d’un échange très intéressant avec le personnage principal du film : Patrick LAMAISON, qui était encore ému après le visionnage de ce film 15 ans après.

*Action co-financée par l'Agence de l'eau Adour Garonne et par le Fonds Européen de développement Régional

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